Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Eglise catholique d'Afrique

Eglise catholique d'Afrique

Actualité, homélie, prières par l'Abbé André Marie Kengne


Dieu nous parle : ce 19 e dimanche du temps ordinaire B

Publié par Abbé André Marie Kengne sur 8 Août 2009, 10:08am

Saint Jean 6, 41-51

Comme Jésus avait dit : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel », les Juifs récriminaient contre lui : « Cet homme-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire : ’Je suis descendu du ciel’ ? » Jésus reprit la parole : « Ne récriminez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »

La geste d'Elie

Connaissez-vous la « geste d’Elie », dans l’Ancien Testament ? C’est à la fin du Premier livre des Rois, à partir du chapitre 17, que vous trouverez les aventures hautes en couleur de ce champion du Dieu unique, face à l’apostasie généralisée du peuple d’Israël. Naturellement, il est poursuivi par la haine des puissants, à commencer par la reine Jézabel. C’est pourquoi il est obligé de fuir précipitamment. Et nous le trouvons, à bout de forces, découragé, demandant à Dieu… la mort. C’est alors que l’ange du Seigneur va le réconforter, le nourrir, l’encourager à reprendre la route. Quarante jours et quarante nuits, symboles de toute vie humaine, avant de rencontrer Dieu dans le souffle d’une brise légère. Il a fallu que lui, le courageux, le fort, le vaillant combattant pour la cause de son Dieu, connaisse l’épuisement et la faiblesse extrêmes pour qu’il puisse enfin entrer dans l’intimité divine. Il croyait connaître ; il était sans doute sûr de lui et assuré de la légitimité de son combat. En réalité, il ne connaissait pas. Il lui fallait d’abord « être instruit par Dieu lui-même ». Et pour cela, être débarrassé de toutes ses certitudes trop humaines, alors même qu’il était assuré de « combattre le bon combat ».

La première lecture de ce dimanche nous livre un épisode du cycle d’Elie, le prophète. Le fil rouge de son histoire est son rapport avec Achab, dont la politique religieuse subit l’influence de sa femme Jézabel, princesse originaire de Sidon, par qui s’introduit en Israël le culte du dieu Baal. La lutte contre le Baalisme sera l’axe de la prédication, en paroles et en actes d’Elie.

Dans le contexte de cette lutte, ayant égorgé les 450 prophètes de Baal, Elie fuit devant Jézabel qui lui promet de se venger. Le départ d’Elie est motivé par le découragement devant l’échec de sa mission prophétique. Elie est isolé, seul défenseur du vrai Dieu dans une société qui rejette son message. Parvenu à Beersheva, il laisse son serviteur et s’enfonce seul dans le désert, à une journée de marche. Il s’assoit finalement sous un buisson, découragé, en disant : Je ne vaux pas mieux que mes pères... Elie relit sa situation à lumière de la génération du désert qui a murmuré contre Dieu et il exprime son souhait de connaître le même destin.

Mais voilà qu’un ange le réveille et lui donne l’ordre de manger. Nous assistons à un miracle de nourriture dans le désert, à une action miraculeuse en réponse à la parole d’un Elie fatigué et prêt à mourir. Une seconde fois, l’ange du Seigneur lui donne le même ordre de manger, avec un complément : autrement le chemin serait trop long pour toi. La scène, cette foi-ci, est orientée vers le chemin à faire, un long chemin. La nourriture une première fois donnée est réconfort ; une seconde fois accordée, elle est le pain de la route, l’aliment qui fortifie.

De fait, fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu. Le voyage, qui était un voyage de fuite, devient par l’adoption des quarante jours, une sorte de pèlerinage. Les quarante jours de marche rappellent les quarante ans du séjour d’Israël au désert, mais surtout le séjour de Moïse sur la montagne qui dura quarante jours et quarante nuits. A l’Horeb, la montagne de Dieu, Elie fera l’expérience de la rencontre de Dieu, dans une voix de fin silence.

Dans l’Evangile de Jean, Jésus a accompli le signe de la multiplication des pains et il tient un discours qui révèle son identité. Donateur de la nouvelle manne et pain lui-même descendu du ciel, révélateur du Père, il appelle ses auditeurs à la foi en Dieu qui fait signe par ses dons et par le don suprême qu’est son Fils. Au temps de l’Exode, au désert, le peuple était appelé à mettre sa confiance en Dieu, à avoir foi en sa Parole, à garder ses lois. Au temps de la présence de Jésus dans le monde, les disciples sont appelés à mettre leur foi en lui, à croire en sa Parole, à accueillir la révélation qu’il fait de lui-même : Moi, je suis le pain de la vie.

Les juifs qui récriminent contre Jésus dans l’Evangile, en faisant la demande : Comment peut-il dire : ’Je suis descendu du ciel’ ? ne se doutent pas qu’ils posent là une question de foi essentielle. La revendication messianique de Jésus est tellement transcendante qu’elle provoque la rupture. Voilà posée toute la difficulté : reconnaître le don de Dieu. Cette reconnaissance est d’autant plus difficile que, pour nous comme pour les contemporains de Jésus, elle est à opérer au sein de la vie quotidienne, dans des situations apparemment bien connues. La seule voie possible pour accueillir la révélation du don de Dieu en Jésus-Christ, c’est de se laisser instruire par Lui, de se rendre disponibles et réceptifs par la foi. Le fruit d’un tel acte de foi est sans prix : Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. Le pain donné n’est plus seulement pain du réconfort, pain pour la route, il est bien plus : don de la vie éternelle. La proximité la plus grande avec Dieu est affirmée ; la participation à l’être intime et propre de Dieu est offerte. Christ nous a ouvert l’accès à la vie divine. Son corps livré et son sang versé deviennent pour les hommes nourriture de vie éternelle.

Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Jésus promet d’être avec nous sur notre chemin vers la sainteté. Comment cela se produira-t-il aujourd’hui ? Si nous avons la grâce d’assister à la messe, nous recevrons le pain de la vie et nous participons directement à la promesse de Jésus. Si nous ne le pouvons pas, nous avons toujours l’exemple de Jésus dans l’Eucharistie. Il nous enseigne par son humilité. Quelle grande humilité que de s’offrir comme nourriture pour nos âmes sous la forme de pain et de vin ! Il nous enseigne par sa générosité. " Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. " En cherchant bien, nous trouverons beaucoup d’occasions d’imiter le Christ dans nos vies de tous les jours en « donnant notre vie pour nos amis ». Demandons-nous : qu’est-ce que Dieu me demande aujourd’hui ?

Bien souvent, nous vivons, ancrés dans nos certitudes, nos manières de voir et de juger, assurés de posséder la vérité. Ce n’est pas ainsi que nous pourrons rencontrer Dieu. Si nous persistions dans cette attitude, nous serions comme les interlocuteurs de Jésus qui croyaient tout savoir de lui, et donc, étaient fermés à la nouveauté radicale de son message. Mais peut-être nos certitudes sont plutôt de façade, et, dans la conjoncture actuelle, sont en train de se lézarder. Cela arrive dans toutes nos vies et nous n’avons pas à nous en épouvanter. C’est alors que nous sommes en train de récriminer et de constater que nous n’avons plus confiance en nous que Dieu commence à agir. Aujourd’hui même si nous le voulons.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents