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Eglise catholique d'Afrique

Eglise catholique d'Afrique

Actualité, homélie, prières par l'Abbé André Marie Kengne


Une minute pour Marie

Publié par kilombo sur 7 Août 2009, 16:14pm

Vénérer Marie n’est pas l’ adorer (Pères de l’Eglise)

Le culte marial nous a été transmis par les Pères de l'Église qui l'ont forgé, mûri et vécu sous l'action éclairante de l'Esprit Saint. Marie a été vraiment pour les Pères de l'Eglise celle qui fait mieux comprendre Dieu et l'homme. Le culte marial est toujours porté vers Dieu et vers les frères, pour les Pères, si le culte marial devait sortir de ce schéma théologique, il n'aurait aucun sens et il tomberait dans l'idolâtrie.

Premier exemple typique: la réaction énergique des Pères du troisième siècle contre le montanisme. Selon cette secte, la bienheureuse Marie était considérée comme une déesse qui aurait engendré par l'opération d'une puissance céleste et qui aurait réalisé le transfert de l'esprit divin du Christ dans une créature humaine.

Un autre exemple typique: la réaction énergique d'Epiphane contre les Colliridiens, des communautés féminines religieuses (présentes en Arabie et en d'autres régions de l'Asie centrale) au 4e siècle qui offraient à la Vierge sur un autel carré des fouaces de farine d'orge  (En grec "colliris", d'où le nom de Colliridiens pour les membres de la secte ). Epiphane se montre scandalisé de cette forme de culte qu'il sait être païen et il se plaint de la simplicité et de l'ignorance de ces femmes qui manifestaient une dévotion si profane et si peu discrète, car, dit Epiphane, Marie n'est pas une divinité et donc, quelque soit l'excellence de sa dignité et de ses vertus, on ne doit pas lui offrir de sacrifices qui sont seulement réservés à Dieu:

« Marie en effet n'est pas Dieu et elle n'a pas reçu un corps du ciel mais elle fut conçue d'un homme et d'une femme. Marie donc, bien qu'elle soit comme un vase honorable, elle est aussi toujours une femme, en rien différente de la nature commune de la femme. Aussi, que Marie soit honorée, tandis que le Père, le Fils et l'Esprit Saint doivent être adorés. Que personne ne se permette d'adorer Marie. » (Epiphane de Salamine, Haereses 79,7 ; PG 42, p. 752)

Marie dans le culte chrétien du 2° et 3° siècle

La liturgie primitive

La liturgie primitive était centrée sur la Pâque, tous les dimanches et une fois l'année ; considérait dans l'unité toute l'histoire du Salut de la création à la parousie avec au centre la naissance, la mort, la résurrection du Christ.

Elle était une actualisation de tout ce qui est arrivé et avait un caractère vivement eschatologique : elle rendait présent le passé et l'avenir.

Dans ce contexte, on ne peut pas imaginer un culte marial distinct. Il faut chercher seulement si dans le "culte chrétien" on commémorait Marie pour la place qu'elle a eu dans l'histoire du Salut.  

Les sources qui nous permettent de reconstruire le climat cultuel sont de caractère:

- liturgique (hymnes prières, homélies, etc...);

- iconographiques (représentations de scènes figurées);

- archéologique (lieux de culte, épigraphes, etc...);

- littéraire (écrits des Pères de l'Église). 

Hymnes et homélies mariales au 2e siècle

1) Les "Odes de Salomon" se situent dans cette tradition d'hymnes liturgiques. L'ode XIX, 6-11 célèbre Marie dans l'histoire du salut.  

2) L'homélie "Sur la Pâques" de Méliton de Sardes.

Le terme "Vierge" et surtout l'expression "la Vierge" désignent dans ce contexte spécifique la Mère de Jésus et ont une nuance cultuelle, c'est-à-dire un sens de vénération et de stupeur pour le prodige de la maternité divine et virginale de Marie.

L'expression "Celui-ci est celui qui fut enfanté par Marie, la bonne agnelle" est très importante sous l'aspect cultuel. Dans le contexte d'Exode 12, Méliton projette sur la Vierge Marie les caractéristiques du Fils, l'Agneau Pascal", "sans défauts et sans tache" (1Pt 1,19; cf Ex 12,5). Marie est vue comme la "belle et bonne" et pure agnelle et sans tache.  

Le "Protévangile de Jacques et l'Ave Maria

Le Protévangile de Jacques est entièrement dédié à Marie et à sa glorification, en opposition à ceux qui la dénigraient. L'auteur a une vive conscience de la dignité éminente de la Mère de Jésus, un sens de profonde vénération, d'amour fidèle manifestée par une fréquente louange. Marie est constamment l'objet de "bénédictions" et d'amour de la part des prêtres et de tout le peuple. L'écrivain et avec lui ses communautés reportent sur passé ce qu'ils portent dans le cœur vis-à-vis de la Mère de Jésus.

Après les "bénédictions" du Nouveau Testament (Lc 1, 28.30.42-43.45.48-49; 11, 27), viennent les "bénédictions liturgiques" au sujet de Marie. L'auteur s'unit au salut de l'ange Gabriel et il met sur sa bouche la bénédiction d'Elisabeth. L'Ave Maria et né.

Les premiers "types" mariaux et la prière

- « Ève-Marie » : cette typologie est proposée par Justin (Dialogue avec Triphon 100), et perfectionnée par Irénée (Contre les hérésies III, 22, 4).

En mettant en évidence l'impact social et les effets universels de l'adhésion de la Vierge au projet salvateur de Dieu, cette typologie contribue au développement du culte d'invocation.

- « Terre vierge » : dans la terre "vierge" du paradis, pas encore irriguée par la pluie ni travaillée par une main d'homme (cf Gn 2,5) dont Adam fut tiré (Irénée cf. Contre les hérésies III, 21, 9-10) voit une image du sein virginal de Marie en qui, sans intervention d'un homme, le corps du Christ fut modelé par l'opération de l'Esprit Saint.

Ce symbole fait voir Marie profondément enveloppée dans le mystère cosmique de Dieu et provoque la vénération conséquemment et le respect sacré à son égard.

Traces de pitié mariales relevées par l'archéologie, 2° et 3° siècle.

A) Hiérapolis (Turquie) : L'épigraphe d'Abercius.

Cet épigraphe témoigne du culte primitif : Marie et l'Église donnent aux chrétiens le Christ Eucharistique pour nourriture. Cette doctrine est exprimée avec le langage respectueux du culte.

B) Nazareth : Gravure mariale dans l'église judéo-chrétienne

Une pèlerine, qui sur l'enduit d'une colonne écrivit son nom et celui de ses parents.

Un pèlerin reproduit en lettres grecques claires le salut de l'ange à Marie: « Kaire Maria », « Réjouis-toi Marie ».

C) Jérusalem : le culte lié à la fin de la vie terrestre de Marie.

La correspondance entres le fouilles et les textes anciens "Transitus Mariae" indiquent qu'il y a eu à Gethsémani un culte judéo-chrétien relié à la fin de la vie terrestre de Marie, et ceci avant le concile de Nicée.

D) Rome : des fresques des catacombes représentent la Vierge à l'enfant et l'adoration des mages.  

E) Alexandrie : le papyrus d'une prière à la mère de Dieu.
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