L’évangile du jour
Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. En effet, le Royaume des cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.’ Saisi de pitié, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, le serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : ‘Rembourse ta dette !’ Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai.’ Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé. Ses compagnons, en voyant cela, furent profondément attristés et allèrent tout raconter à leur maître. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : ’Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’ Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il ait tout remboursé. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. » Jésus avait terminé son discours ; il quitta la Galilée et arriva aux frontières de la Judée par l’autre rive du Jourdain.
Notre commentaire (en complément de l’évangile d’hier)
La question qui semble se poser dans l’évangile de ce matin est de savoir s’il faut tout pardonner et surtout pardonner toujours, sans cesse.
Nous recommençons par demander l’aide du Saint-Esprit afin qu’il nous aide à lire cette Parole de Dieu, non pas comme une sagesse d’homme, mais comme une Parole pour notre vie, comme une Parole qui nous transmet la vie éternelle. D’ailleurs, nous avons suggéré hier, pour mieux comprendre l’importance de notre baptême de Matthieu 5. Dans les versets 20 et suivants, Jésus rappelle comment notre baptême fait de nous des hommes différents.
Matthieu 5.1-20. Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes. Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.18 En vérité je vous le dis, jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, pas un seul iota, pas un seul trait de lettre de la loi ne passera, jusqu’à ce que tout soit arrivé. 19 Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux, mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. 20 Car je vous le dis, si votre justice n’est pas supérieure à celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux..
Notre justice n’est pas celle des hommes, mais celle de Dieu. Nous ne faisons pas ce que les hommes estiment juste, mais ce que Dieu estime juste.
Il peut paraitre imbécile de continuer à aider et à aimer quelqu’un qui nous a fait du mal, et qui continue à nous faire du mal. Il peut paraitre fou de continuer aujourd’hui à saluer quelqu’un qui ne fait que colporter et ne voit rien de bon de ce que nous faisons. Faut-il continuer à pardonner? Pierre est prêt à pardonner ce nombre de fois que Jésus lui dira. Mais Jésus montre le lien entre le pardon et l’amour. L’amour ne calcule pas, et donc le pardon ne calcule pas. Au cœur de notre foi, il y a l’amour, l’amour d’un Dieu qui ne mesure pas.
Nous sommes faits à son image, (je ne suis pas d’accord avec les philosophes qui disent que l’homme est un animal pensant, je suis d’accord avec la Bible qui au lieu de comparer l’homme à l’animal, le compare à Dieu : image et ressemblance de Dieu). Ainsi, Jésus peut nous dire, soyez parfait comme votre Père céleste est parfait. Et au lieu de tendre vers la bêtise si nous croyons descendre des singes, nous tendons vers la perfection si nous avons la foi, d’être des fils de Dieu, par le Fils Unique. Comme nous le rappelle Jean-Paul II : « Le pardon est avant tout un choix personnel, une option du cœur qui va contre l'instinct spontané de rendre le mal pour le mal. Cette option trouve son élément de comparaison dans l'amour de Dieu, qui nous accueille malgré nos péchés, et son modèle suprême est le pardon du Christ qui a prié ainsi sur la Croix: ‘Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font’ (Lc 23, 34) » (Message pour la Journée mondiale de la paix, 1er janvier 2002).